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Troubles de voisinage : bruits d'activité professionnelle (bar, restaurant, chantier...)

Vous êtes incommodé par des bruits d'activité professionnelle (bruits liés à un chantier, à l'activité d'un bar, d'une discothèque, d'une salle de sport diffusant de la musique...) ? Ces bruits peuvent être sanctionnés. Nous faisons le point sur la réglementation.

Bar, discothèque et autres établissements

Quelles sont les obligations des restaurants, bars et discothèques ?

Les obligations varient en fonction de l’activité exercée par les établissements et de la diffusion de musique de manière amplifiée.

Obligations des restaurants et des bars

Les restaurants, bars et brasseries doivent respecter les obligations suivantes :

À savoir

Les infractions à ces règles peuvent donner lieu à des  sanctions pénales  (notamment une contravention de bruits de voisinage ou de tapage injurieux ou nocturne) et des  sanctions administratives  (mises en demeure, fermeture administrative en cas de troubles graves et répétés).

Obligations des discothèques

Les discothèques et, plus largement, tous les établissements recevant du public et diffusant à titre habituel de la musique amplifiée (bars, cafés, restaurants, salles polyvalents ou salle des fêtes) doivent respecter plusieurs obligations, dont les limites de niveaux sonores, l’étude d’impact des nuisances sonores et isolation.

Ces obligations sont soumises à des contrôles et des inspections qui peuvent intervenir dans les situations suivantes :

Les obligations à respecter sont les suivantes :

Les discothèques et autres établissements diffusant de la musique doivent respecter plusieurs limites de niveaux sonores.

Protection du voisinage

Tout d’abord, le bruit généré par l'établissement ne doit pas ressortir de manière excessive par rapport au bruit habituel du lieu. L'écart entre le bruit mesuré avec l'activité et le bruit habituel sans elle (appelé émergence sonore) ne doit pas dépasser +5 dB(A) le jour (entre 7h et 22h) et +3 dB(A) la nuit (entre 22h à 7h).

Ces seuils s'appliquent uniquement lorsque le niveau sonore ambiant dépasse 25 dB(A) à l'intérieur d'un logement voisin (ou 30 dB(A) dans les autres cas).

Il existe néanmoins une certaine tolérance. Une marge supplémentaire s'ajoute ainsi aux seuils ci-dessus en fonction de la durée pendant laquelle le bruit est audible :

Marge supplémentaire en fonction de la durée cumulée du bruit

Durée cumulée du bruit

Marge supplémentaire

Moins de 1 minute

+6 dB(A)

De 1 à 5 minutes

+5 dB(A)

De 5 à 20 minutes

+4 dB(A)

De 20 minutes à 2 heures

+3 dB(A)

De 2 à 4 heures

+2 dB(A)

De 4 à 8 heures

+1 dB(A)

Protection du public à l’intérieur de l’établissement

Ensuite, l’ensemble des bruits auxquels le public est exposé (sons amplifiés, bruit du public, climatisation, etc.) ne doit jamais dépasser les niveaux de pression acoustique continus équivalents à :

L'exploitant de l'établissement doit réaliser une  étude d’impact des nuisances sonores , comportant notamment :

Cette étude doit être mise à jour en cas de modification des aménagements des locaux, de modification des activités, ou de modification du système de diffusion sonore, s'ils ne sont pas prévus par l'étude initiale.

L'exploitant doit présenter l'étude en cas de contrôle.

À noter

L'exploitant peut être puni d'une amende de 1 500 € s'il n'est pas en mesure de présenter l'étude en cas de contrôle. De même, l'exploitant peut être puni d'une amende du même montant s'il ne présente pas une attestation de vérification du ou des limiteurs lorsque leur pose est exigée par l'étude.

L’exploitant de l’établissement doit également respecter des  prescriptions d’isolation  des locaux, notamment lorsqu’ils sont situés dans des immeubles d’habitation, afin de ne pas dépasser les valeurs maximales d’émergence fixées par la réglementation.

Le limitateur de pression acoustique est un dispositif électronique qui s'installe sur le système de sonorisation d'un établissement. Il détecte en temps réel le niveau sonore émis et bloque automatiquement toute diffusion qui dépasserait un seuil préalablement fixé, empêchant ainsi toute surexposition sonore du public.

Ce dispositif est obligatoire dans tous les établissements recevant du public (ERP) qui diffusent de la musique amplifiée à titre habituel.

Il doit être installé et réglé par un professionnel agréé, de façon à ne pas pouvoir être contourné ou modifié par l'exploitant. Les paramètres de réglage doivent être consignés dans un document tenu à la disposition des agents de contrôle.

L’exploitant de l’établissement doit également :

Que faire en cas de nuisances sonores provenant d’activité professionnelle ?

Il est possible d’engager plusieurs démarches à l’encontre de l’exploitant de l’établissement afin de faire cesser les nuisances sonores lorsque l’une des conditions suivantes est remplie :

À l’inverse, lorsque l’activité est antérieure à l’installation de la victime, qu’elle est exercée conformément à la réglementation en vigueur et qu’elle se poursuit dans les mêmes conditions sans aggravation du trouble, la responsabilité de l’exploitant ne peut pas être engagée.

Engager des démarches amiables

Tout d’abord, il est nécessaire d’ aller voir l'exploitant de l'établissement d'où proviennent les bruits pour lui faire part de la gêne et lui demander de faire cesser les nuisances .

Si l’exploitant n'agit pas, il est conseiller d’ envoyer un courrier simple .

Ce courrier doit rappeler :

À noter

Il est recommandé de réunir un maximum de preuves à l'appui de votre courrier. Il peut s’agir d’un journal de bord des nuisances (dates, heures, description), des témoignages d’autres voisins, un constat établi par un commissaire de justice , des enregistrements sonores ou des copies des plaintes ou mains courantes déjà déposées.

En cas d'inaction de l'exploitant, un courrier recommandé avec accusé de réception le mettant en demeure de faire cesser la gêne occasionnée par le bruit doit lui être envoyé.

Cette lettre reprend les informations contenues dans le précédent courrier.

À savoir

Si l'établissement est situé dans un immeuble en copropriété , vous devez avertir le syndic de copropriété par tous moyens (mail, lettre, etc) des nuisances subies. Il doit, en effet, effectuer toutes les démarches utiles pour préserver la tranquillité des occupants de l'immeuble.

Si les démarches amiables sont infructueuses, saisir le maire

Si les démarches amiables sont infructueuses, il est nécessaire d’adresser un courrier recommandé au maire de la commune du lieu de situation de l’établissement.

Mairie

Ce courrier doit décrire les troubles subis (dates, heures, nature des nuisances) et demander l’usage des pouvoirs de police pour les faire cesser. Cette demande doit être accompagnée des preuves de l’existence des nuisances (journal de bord des nuisances, témoignages d’autres voisins, constat établi par un commissaire de justice , enregistrements sonores ou des copies des plaintes ou mains courantes déjà déposées).

Le maire peut :

À savoir

Le préfet peut, en complément, prendre un  arrêté de fermeture administrative  de l’établissement si les troubles à la tranquillité publique sont établis.

Éventuellement, déposer plainte

En complément des démarches amiables et de la lettre au maire, il est possible de faire appel à la police ou la gendarmerie .

Commissariat

Brigade de gendarmerie

Les policier et les gendarmes peuvent se déplacer. Dans ce cas, leur intervention consiste à procéder à un constat du bruit ainsi qu'à une verbalisation de l'auteur si les nuisances sonores sont avérées.

En effet, une amende forfaitaire peut être infligée à l'exploitant pour un montant de :

Vous pouvez également déposer une main courante ou une plainte .

Attention

Une personne victime de menaces ou insultes pour de faux motifs de nuisances sonores peut également déposer plainte pour harcèlement . En outre, une personne qui prévient à tort la police ou la gendarmerie risque une condamnation pour dénonciation calomnieuse . La peine maximale est de 5 ans de prison et 45 000 € d'amende. La personne visée par la fausse dénonciation peut porter plainte au pénal contre l'auteur des faits. Ce dernier peut aussi être poursuivi par le procureur de la République.

Si les nuisances persistent, faire une tentative de règlement amiable

Pour  trouver une solution amiable  avec l'exploitant si les nuisances persistent, il est possible de recourir à :

Conciliateur de justice

Attention

Cette démarche est obligatoire pour pouvoir faire, par la suite, un recours auprès du tribunal .

Envisager un recours au juge en cas d'échec du règlement amiable

Si toutes les précédentes démarches n’ont pas abouti, il est possible de faire un recours auprès du tribunal judiciaire du lieu de situation de l'établissement pour :

Ces demandes doivent être accompagnées des pièces justificatives pour démontrer la réalité des nuisances (par exemple, constat du commissaire de justice ou procès-verbal établi par la police ou la gendarmerie, courriers échangés avec l’exploitant, témoignages, pétitions etc.) et l’existence d’un préjudice (par exemple, certificat médical si votre état de santé s'est dégradé en raison de ces nuisances).

Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat pour cette procédure.

Rappel

Il est obligatoire d'avoir recours à un conciliateur de justice ou à un médiateur ou à une procédure participative pour pouvoir, par la suite, faire un recours auprès du tribunal.

Quelles sont les sanctions possibles pour l'auteur du trouble ?

L'exploitant peut engager sa responsabilité pour trouble anormal de voisinage .

Le juge peut ordonner les mesures suivantes :

Chantier de travaux publics et privés

Quels sont les chantiers soumis aux obligations en matière de bruits de chantier ?

Les chantiers concernés par les obligations spécifiques en matières de bruits sont les suivants :

À savoir

Les chantiers non soumis à autorisation ou déclaration ne doivent néanmoins pas provoquer de nuisances sonores excessives par leur durée, leur répétition ou leur intensité, de nature à porter atteinte à la tranquilité du voisinage ou à la santé des personnes.

Quelles sont les obligations en matière de bruits de chantiers publics ou privés ?

La personne ou l’entreprise en charge du chantier doit :

Que faire si les obligations en matière de bruits de chantier ne sont pas respectées ?

Vérifier le cadre règlementaire

Tout d’abord, il est important de déterminer si :

Ces éléments sont consultables auprès des services de la mairie de la commune sur laquelle sont réalisées les travaux :

Mairie

Engager des démarches amiables

Ensuite, il est recommandé de contacter l’entreprise intervenante ou le maître d’ouvrage (mairie, promoteur, syndic etc.) pour signaler les nuisances sonores et demander de prendre tous les précautions nécessaires pour limiter le bruit.

Il peut s’agir, par exemple, de respect des horaires fixés par arrêté municipal ou préfectoral ou de mettre en place des mesures de réduction du bruit (par exemple, écrans, type d’engins, organisation du chantier ).

Cette demande peut être faite à l’oral mais il est conseillé de la faire par écrit (courriel, courrier simple ou courrier recommandé).

À savoir

Il est nécessaire de conserver des preuves des nuisances sonores telles que des photographies ou des vidéos, un relevé des troubles avec les dates, heures et type de bruits, les témoignages des voisins, un constat d’un commissaire de justice , les échanges (courriers/mails) avec l’entreprise ou le maître d’ouvrage et, si possible, la copie des arrêtés municipaux ou préfectoraux fixant les horaires et prescriptions de chantier. Ces éléments seront utiles en cas de plainte ou d’action en justice.

Saisir le maire

Le maire dispose d’un pouvoir de police générale pour assurer la tranquillité publique des habitants et réprimer les bruits et troubles de voisinage .

Il doit être saisi par écrit. Un modèle de courrier est consultable.

Demander au maire de faire cesser un bruit de voisinage

Le maire peut notamment :

À savoir

En cas d’inaction du maire, il est possible de saisir le préfet par courrier recommandé avec accusé de réception.

Préfecture

Éventuellement, porter plainte

Si les nuisances persistent malgré les démarches amiables, il est possible de déposer une main courante ou porter plainte auprès des services de police ou de gendarmerie.

Commissariat

Brigade de gendarmerie

Engager une action en responsabilité pour trouble anormal de voisinage

La nature privée ou publique des ouvrages va déterminer le juge compétent pour intenter une action en justice sur le fondement du trouble anormal de voisinage .

Un riverain (voisin, occupant d’un immeuble, propriétaire, locataire etc) peut saisir le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble si les nuisances de chantier constituent un trouble anormal de voisinage .

Tribunal judiciaire

Pour cela, il faut prouver les 3 éléments suivants :

Cette action en indemnisation peut être dirigée à l’encontre du maître d’ouvrage et/ou l’entrepreneur et/ou des sous-traitants. Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat.

Lorsque les nuisances proviennent de  travaux ou ouvrages publics (route, tramway, ouvrage public de transport, etc.), les voisins peuvent saisir le tribunal administratif de la commune sur laquelle les travaux sont effectués.

Tribunal administratif

Il doit être démontré un trouble :

Les préjudices indemnisables peuvent être commerciaux (baisse de chiffre d’affaires liée au chantier), patrimoniaux (dépréciation de la valeur d’une propriété) ou des troubles de jouissance (bruits, poussières, difficultés d’accès).

À savoir

Si, malgré des signalements répétés, le maire ou le préfet n’a pris aucune mesure alors que les nuisances sont manifestement excessives, une action en responsabilité de la commune ou de l’État pour carence peut être envisagée devant le juge administratif.

Quelles sont les sanctions possibles pour l'auteur des nuisances provenant des bruits de chantier ?

Les sanctions possibles pour la personne en charge du chantier sont les suivantes :

Direction de l'information légale et administrative

26/05/2026

Préparer votre démarche à l'aide de formulaires

Modèle d'attestation de témoin

A voir aussi :

Conciliateur de justice Aide aux travaux d'insonorisation d'un logement proche d'un aéroport Autre cas : bruit d'un voisin

Définitons

Émergence sonore : Émergence sonoreDifférence entre le niveau de bruit ambiant comportant le bruit particulier de l’établissement et le niveau de bruit résiduel (bruits habituels en l’absence de ce bruit particulier)

Amende forfaitaire : Amende forfaitaireSomme à régler dans un délai précis à la suite de certaines infractions relatives notamment à la circulation routière et sans passage par un tribunal. Le montant peut être minoré ou majoré en fonction de la date de paiement.

Dénonciation calomnieuse : Dénonciation calomnieuseFait de dénoncer une personne à la police ou à la gendarmerie pour des faits que l'on sait totalement ou partiellement inexacts.

Procédure participative : Procédure participativeDémarche amiable de résolution d'un litige qui repose sur la signature d'un contrat écrit par lequel chacun s'engage à rechercher un accord dans un certain délai. Le recours à un avocat est obligatoire.

Astreinte : AstreinteCondamnation d'une personne à payer une somme d'argent par jour, semaine ou mois de retard si une obligation imposée par une décision de justice n'est pas exécutée.

Dommages et intérêts : Dommages et intérêtsSomme d'argent destinée à réparer le préjudice subi

Jour ouvrable : Jour ouvrableCorrespond à tous les jours de la semaine, à l'exception du jour de repos hebdomadaire (généralement le dimanche) et des jours fériés habituellement non travaillés dans l'entreprise

Maître d'ouvrage : Maître d'ouvragePersonne publique ou privée pour le compte de laquelle des travaux ou un ouvrage immobilier sont réalisés

Trouble anormal du voisinage : Trouble anormal du voisinageDésagrément causé par une personne (bruits, odeurs, fumées, comportements inappropriés, etc.) qui dépasse les inconvénients normaux de voisinage

Pour en savoir plus

Guide pratique : isoler son logement du bruit Réglementation acoustique des bâtiments d'habitation neufs

Références

Code de l'environnement : articles R571-25 à R571-28 Code de la santé publique : article R1336-10 Code civil : article 1253